En avril 2026, l'inflation en Belgique a progressé à 2,18 %, contre 1,65 % en mars. Cette hausse, attendue par les économistes, s'explique principalement par la révision à la hausse des tarifs fixes d'électricité appliquée par plusieurs fournisseurs dès le 1er avril. Si la dynamique générale reste bien en deçà des sommets de 2022-2024, le panier des ménages commence à ressentir de nouvelles tensions.

Une remontée tirée par l'énergie

D'après les données préliminaires de Statbel, l'indice des prix à la consommation (IPC) s'est établi à 102,06 points en avril (base 2025 = 100), soit une progression de 0,22 point par rapport à mars. Les prix de l'électricité, qui affichaient encore un recul de 4,4 % en mars sur un an, se retrouvent désormais en territoire positif (+1,2 %) en raison de l'entrée en vigueur de nouveaux contrats à tarif fixe chez plusieurs fournisseurs. Le gaz naturel, en revanche, poursuit sa baisse (-9,8 % sur un an), ce qui atténue partiellement l'impact sur les factures énergétiques globales.

L'inflation sous-jacente — hors énergie et aliments non transformés — se maintient à 2,68 % en avril, en très légère baisse par rapport aux 2,71 % de mars. Les services restent le principal moteur de cette pression de fond, avec des hausses de prix dans la restauration, les soins de santé et les services personnels.

Indicateurs clés — avril 2026

Inflation 2,18 %
Prix de l'électricité (glissement annuel) +1,2 %
Prix du gaz naturel -9,8 %
Prix des carburants +11,4 %

Ce qui a augmenté, ce qui a baissé

Du côté des hausses, outre l'électricité, les forfaits vacances ont bondi de 4,1 % sur le mois, portés par les départs de Pâques. Les soins de santé continuent leur progression annuelle (+6,9 %), et les restaurants affichent +4,5 % sur un an, dans la lignée des trimestres précédents

À l'inverse, certains produits alimentaires ont amorcé une détente. Les prix de la viande reculent de 1,2 % sur un mois, et les produits laitiers affichent une légère baisse après plusieurs semaines de tensions. Les billets d'avion, eux, ont diminué par rapport au pic de mars, ce qui représente une bonne nouvelle pour les voyageurs de dernière minute.

Un signal d'alerte pour les ménages à bas revenus

La révision des tarifs fixes d'énergie constitue l'un des risques les plus tangibles pour les budgets modestes. Selon les estimations du régulateur de l'énergie (CREG), les ménages qui ont souscrit de nouveaux contrats fixes en début d'année pourraient voir leur facture annuelle augmenter de 300 à 600 € selon leur profil de consommation. Le gouvernement a indiqué qu'il suivrait l'évolution des prix de près, sans exclure des mesures de soutien ciblées si la situation se détériorait.

Quelles perspectives pour mai et juin 2026 ?

Le Bureau fédéral du Plan maintient sa prévision d'une inflation annuelle de 2,6 % pour 2026. Les économistes s'attendent à ce qu'avril marque un pic temporaire, avant un reflux progressif à partir de mai, à mesure que les effets de base de l'énergie s'estompent. La politique salariale et l'indexation automatique resteront néanmoins des facteurs de pression sur les prix des services tout au long de l'année.

Pour les consommateurs, il reste conseillé de comparer activement les offres d'énergie via les plateformes officielles telles que VREG ou CWaPE, et de vérifier les conditions de leur contrat avant tout renouvellement.