Avec 4 647 radars fixes pour environ 11 millions d’habitants, la Belgique reste le pays le plus équipé au monde en radars automatiques. En 2026, plusieurs mesures viennent modifier concrètement les règles pour les conducteurs, notamment en Flandre et en Wallonie.
Un réseau unique au monde
La Belgique affiche une densité de 422 radars fixes par million d’habitants, un niveau sans équivalent à l’échelle internationale. À titre de comparaison, la France en compte environ 50, l’Italie 235 et le Brésil 101 par million d’habitants. Ce maillage très dense a contribué à améliorer la sécurité routière : en 2024, le nombre de décès sur les routes belges est tombé à 470, un niveau historiquement bas.
Cependant, ce modèle fait également l’objet de critiques. Les recettes générées par les radars sont de plus en plus utilisées par les autorités régionales pour soutenir leurs finances publiques, ce qui alimente le débat sur leur objectif réel : renforcer la sécurité routière ou générer des revenus.
Ce qui change en Flandre
En Flandre, le gouvernement a décidé d’activer l’ensemble de son réseau de radars en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, en internalisant la gestion des données. L’investissement initial s’élève à 5 millions d’euros, avec des recettes estimées à 50 millions d’euros par an. Officiellement, ces fonds alimenteront le Fonds pour la sécurité routière, même si certains observateurs soulignent leur rôle dans la réduction du déficit régional.
Par ailleurs, une mesure importante du nouveau plan routier flamand concerne le retour des panneaux d’avertissement à l’entrée des zones de contrôle. L’absence de signalisation des radars-tronçons sur de courtes distances, notamment en zone 30, avait suscité de nombreuses critiques. Ces panneaux, supprimés lors de la précédente législature, font désormais leur retour. La réglementation encadrant les opérateurs privés est également revue afin de limiter les modèles purement lucratifs.
Indicateurs clés
- Nombre de radars fixes en Belgique : 4 647
- Radars par million d’habitants : 422
- Décès routiers en 2024 : 470 (niveau historiquement bas)
- Recettes attendues en Flandre : 50 millions € par an
Un plan renforcé en Wallonie pour 2026
Du côté de la Wallonie, un plan d’envergure prévoit l’installation de nouveaux radars fixes sur les axes les plus accidentogènes, ainsi que le déploiement de limitations de vitesse dynamiques sur certains tronçons. Certaines routes régionales pourraient également voir leurs limitations abaissées.
La vitesse reste impliquée dans près de 30 % des accidents mortels en Belgique, ce qui justifie, selon les autorités, une politique plus stricte.
Les experts en sécurité routière saluent ces mesures, tout en rappelant que les radars détectent surtout les excès de vitesse modérés. Les comportements les plus dangereux — excès de vitesse importants, conduite sous influence, distraction au volant — restent plus difficiles à contrôler. Une campagne de sensibilisation à grande échelle est prévue au printemps 2026.
Comment limiter les risques d’amende ?
Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de mettre régulièrement à jour la base de données de radars de son GPS ou de ses applications de navigation comme Waze, Google Maps ou Coyote. En Belgique, les applications signalant les radars fixes sont autorisées.
Adopter une conduite souple et anticipative reste la meilleure stratégie : cela permet non seulement d’éviter les amendes, mais aussi de réduire la consommation de carburant, jusqu’à 15 % d’économie à 110 km/h par rapport à 130 km/h sur autoroute.
Bruxelles renforce également ses contrôles
À Bruxelles, les contrôles de vitesse sont intensifiés dans le cadre du plan de mobilité « Good Move ». La généralisation de la zone 30 dans la majorité des rues est désormais mieux encadrée grâce à l’installation de radars-tronçons.
L’objectif est clair : réduire de 50 % le nombre d’accidents graves d’ici 2030. Cette ambition s’inscrit dans la stratégie européenne « Vision Zéro », partagée par l’ensemble des régions belges.